Dobra Pajalavat' !

Dobra Pajalavat' !
Добро пожаловать


Je ne veux pas être banale. Mais après tout chaque présentation est unique puisque chaque personne est différente. Je crois que je vais arrêter de me poser ce genre de question. Mon nom est Aude mais on m'appelle Medvedev. Je déteste quand mon père regarde son GPS et qu'il ne fait pas attention à la route. Je suis tout le temps à l'Ouest mais en réalité c'est à l'Est que j'aimerai aller. J'aime mon frère comme personne. Ou presque. Je suis née à 10h30, comme Arthur Rimbaud mais pas le même jour. J'ai été amoureuse. Je suis parfois heureuse. J'aime toujours. Je passe du rire aux larmes. On me dit romantique et bordélique. J'ai tout simplement des amis extraordinaires, qui se comptent sur les doigts de la main. Je suis imaginative et possessive. Je voudrais être une autre sans savoir qui vraiment. Je change trop avec les autres, je ne change pas assez avec lui. peux être cruelle avec ce lui ou ceux que j'aime, je fais des choses que je ne devrais pas faire, je pardonne mais je ne n'oublie jamais. Je voudrais juste matérialiser mes souvenirs de gosse et mes envies d'adulte.







# Posté le jeudi 28 avril 2005 08:36

Modifié le vendredi 07 août 2009 13:32

Quelques Mots

Quelques Mots


J'ai eu la chance d'être française, de naître de parents français, de lire et parler le français correctement. Ca je ne l'oublie pour rien au monde.

Mais comme le dit Forrest Gump, la vie c'est comme une boite de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Moi je suis pas tombée sur la Russie, je me suis complètement vautrée dessus, je me suis étalée de tout mon long.
La Russie est ma passion. Que ca déplaise à certains, je m'en fou. Pourquoi? Beaucoup de personnes m'ont déjà demandé...Je dis « il n'ya pas de raison », C'est simple, les gens ne comprennent pas et c'est trop long à expliquer parce que les gens sont parfois très cons. Pour certain, la Russie évoque uniquement le froid, le pays de merde ou on se gèle toute l'année, le pays où les droits de l'homme n'existent pas, le pays de la mafia, le pays qui fait peur, le pays des anciens tzars cruels et sanguinaires, et surtout le pays de Poutine.
Faux. Tout est faux. Ils ont tort, vous avez tort.
La Russie, c'est avant tout la langue et la culture. La langue russe est magnifique, elle n'en vaut aucune autre. Même pas le français. C'est une langue étrange mais qui me parait si familière, comme si nourrisson on m'avait parlé en russe au dessus du berceau. Je m'émerveille toujours de ma langue qui, se plaçant contre mon palais, parvient à rouler les sons et les mots. La langue russe dégage une telle ardeur, une joie de vivre, un tel brin de sauvagerie irrésistible qu'il m'est impossible de ne pas tomber sous le charme de ses sonorités.

J'ai souvent voulue aller là bas, apprendre le russe, parler russe, chanter le russe le soir dans les bistrots, danser sur des airs de Kalinka avec des gens qui savent vivre. Un jour j'irais, j'irais vider tout mon sang français dans ce pays pour le remplacer par du sang russe. Un jour je partirai pour gouter aux plaisirs, aux délices, aux joies, à l'ivresse de la culture russe. J'apprendrai son histoire, je connaitrai la vie de ce pays par c½ur sur le bout de ses doigts. Je ne reviendrai pas. Je veux prendre racine là bas, je veux devenir une matriochka, une diévotchka, je veux vivre comme eux, même si mes veines dans lesquelles l'hémoglobine coule sont françaises. Je ne m'y ferai jamais. Je tenterai de l'être.

Je ne sais ce que je vais devenir, ce que je vais faire de ma vie. Je veux juste travailler dans les relations franco-russes. Si un jour j'y parviens, j'aurais alors un travail qui me plait, un travail qui même à l'heure de prendre ma retraite ne s'effacera pas. J'aurai alors le temps d'y retourner, de découvrir encore des lieux que je n'aurai pu voir jeune et je passerai mes derniers instants sur ce territoire noble. J'y mourrai, peut être, si Dieu le veut.
Parfois, il faut savoir sacrifier quelque chose de beau pour découvrir quelque chose de meilleur.
Faire « tabula rasa » ne serait pas l'expression appropriée, en revanche vouloir créer un futur avec l'être et les éléments les plus chers de mon présent serait beaucoup plus convenable.




J'espère que tu me suivras là bas.

# Posté le samedi 14 mai 2005 05:06

Modifié le vendredi 07 août 2009 13:17

Le coup de fil (Bénédicte Martin)

Le coup de fil (Bénédicte Martin)

" Quelquefois, je pense :
«Tiens, si je l'appelais ! »
Mais vite la raison me reprend quand je me dis : « Ah bah non, c'est con, il s'est pendu. »
Oui, pendu dans ta chambre. C'est dommage, on serait allé au café et on aurait papoté. De Berlin, de la Guadeloupe, du lycée Montaigne.
Je regarde le combiné du téléphone tristement et pense à toi. Les touches sur lesquelles il faut appuyer pour te parler, je les connais. Mais maintenant ça ne sert à rien de les faire. Tu ne répondras plus.
Le grain de ta voix, un truc un peu rieur, un truc un peu charmeur me hante.

Parler avec toi, ce n'est plus possible. Et pourtant Dieu sait que j'ai des choses à te dire. Mais tous tes mots ont été avalés dans la mort et étranglés au bout de la corde.
Voila un an que tu es décédé, voila un an que je dérive. Sache que pour moi tu es plus qu'un souvenir, plus qu'un prénom, plus qu'une adresse, plus qu'une silhouette sur la photo, plus qu'un parfum. Tu es ma vie, mes fêtes, mes vacances, mon ami.
Tu es celui qui s'évapore en pleurs. Gros sanglots quelquefois. "
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# Posté le lundi 13 juin 2005 12:05

Modifié le samedi 25 avril 2009 10:14

Le Crabe (Bénédicte Martin)

Le Crabe  (Bénédicte Martin)
" J'ai appris il y a peu la présence d'un crabe dans mon sein, d'un monstre minuscule, d'un ennemi dans mon corps, d'un cancer près de mon c½ur.
Ce jour là, le médecin aux yeux vitreux a jeté du napalm sur ma vie.
La félicité sur mon front s'est craquelée en plis d'angoisse. Je fabule mes funérailles. Je les veux sous des arbres bruissants. Avec mon père, avec ma mère. Un jour clair. "
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# Posté le mercredi 15 juin 2005 06:44

Modifié le samedi 25 avril 2009 10:24

Shanghai (Bénédicte Martin)

Shanghai  (Bénédicte Martin)
"Mon amour est à Shanghai. Trois semaines, ça devrait être interdit.
Les caresses qu'il m'a données survivent encore sur mon corps.
Je suis d'une jalousie maladive et j'ai des peurs inutiles. J'ai dans l'esprit tous les fantasmes de l'Asie réunis.
« Nuit de Chine, nuits câlines » m'obsède.
Le soir il lambine dans un quartier rempli de lanternes rouges. Un lotus géant en néons multicolores l'attire. Il s'arrête. Le club s'appelle le Baby Face, le Dragon Fly, le Kiss Kiss, enfin, je ne sais plus très bien.
Il entre pour boire un verre. Les filles qui le servent portent des robes de soie sauvage, fendues jusqu'en haut des cuisses. Elles sont glissantes, comme le soleil qui s'évanouit au même moment, baveux, dans la mer de Chine.



Lèvres criardes et ongles cramoisis, elles sont prêtes pour quelques Yuans de plus à faire plaisir à l'homme que j'aime. Et qui va m'oublier ce soir.
Cette chinoise humide et experte m'énerve. Mon imagination de plus en plus vagabonde me rend malade.
Une feuille de bananier en bronze protège son visage de l'éclat des lustres. Le bruit des baguettes dans les bols nervurés de bleu résonne méchamment dans ma tête.
Il lui caresse la joue. Ils finissent chez elle. C'est plein de bonzaï et d'oiseaux chanteurs. Autour d'eux, dans la chambre, volettent des lotus et des nénuphars en papier crépon.
Ils font l'amour les yeux fermés.

Ce soir, encore, je ne dormirais pas. "
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# Posté le vendredi 24 juin 2005 08:29

Modifié le samedi 25 avril 2009 10:17